Archives mensuelles : février 2013

Des outils

outils

La page 99v commence par le dessin d’un pot avec une inscription et les dessins de huit « plantes » ou « racines ».
L’inscription sur le pot peut se lire « onarad ?a » – o naradiades outils en langues slaves[1] [2].
Les « racines » de la partie droite du dessin me font penser aux outils agraires. Les outils de la partie gauche sont les outils de la maison ?
La « racine » N° 7, fourchue c’est l’araire – en langues slaves ralo, рало, соха. Son étiquette « arol » est une anagramme.
Le balai en langues slaves est me(i,o)tla. L’étiquette de troisième dessin lue de droite à gauche nous donne  : (m)atlo.

A suivre….

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Alphabet Voynich, Plantes Voynich

Le mot « chor »

nymphoidesSur la page 2v nous avons vu le mot « chor » se répéter quatre fois dans le premier paragraphe, de quatre lignes seulement, et deux fois dans le second, de quatre lignes également.

La fréquence de ce mot dans la section « botanique », entre autres, a permis à Currier[1], en 1976, de proposer sa théorie de la présence de deux styles d’écriture différents : le mot « chor » est très présent sur les pages du style (hand) A, et très rare pour le style B.

herba pes leonisJ. Dathe[2], en se basant sur la transcription de T.Takahashi, a calculé la fréquence du mot « chor » dans le manuscrit[3], sans distinction de section : 219 occurrences sur 37844 « mots » au total – 0,6 %.

Ce mot me fait penser au mot « alii » qui sépare les synonymes dans les anciens herbiers, écrits en latin, comme l’herbier d’Apulée[4], par exemple. Les mots « vel » et « similis » ont été employés dans le même sens.

composition theriaqueDans la section « pharmacie », sur la page 99v, un groupe des cinq « racines » composant, probablement, la thériaque est accompagné de six inscriptions. Deux de ces inscriptions sont séparées par le mot « chor», comme le sont les synonymes des herbiers.

Ce mot est composé de trois ou quatre lettres, sauf, bien sûr, dans le cas d’une abréviation.
Les mots courts, avec le même sens, peuvent être trouvés dans les langues grecque, copte[5] et vieux slovène[6] [7].

latin alia vel similis
français autre ou comme
grec άλλος, ετερος Η, και oπως
copte ouet eeie etoni
Vieux slovène етеръ або, али бо

Le mot peut signifier ετορ = етеръ = ετερος ?
Ou, peut être, nous devons lire la dernière lettre comme « n » et ce serai eton = etoni ?

Lire la suite

12 Commentaires

Classé dans Alphabet Voynich

Arapabaca du Brésil

plante 15vLa plante de la page f15v a quatre feuilles en croix et les fleurs en épisParis Schoenberg unilatéraux.
Malgré la forme de ses inflorescences, elle a été identifiée comme Paris quadrifolia par E.Sherwood[1] et D.Scott[2].
Si nous nous basons uniquement sur le dessin, car le texte n’est pas encore déchiffré, P.quadrifolia n’est pas un bon choix, car c’est une plante à une seule fleur, bien que certains anciens herbiers la représentent avec deux fleurs [3]
L’exemple de Paris à deux fleurs, à droite, provient d’un herbier italien de XV siècle de Schoenberg Collection.

incensariaruscus D’autres plantes dans les herbiers pouvaient avoir quatre feuilles en croix. En 1491, l’herbier Ortus sanitatis[4] présentait une plante avec des cœurs rouges sur les feuilles, appelée Incensaria.

L’identification de cette plante n’est pas certaine. Les cœurs rouges au milieu des feuilles font penser à ruscus[5], qui a les fruits au milieu de ses clatodes[6]. Sauf que notre plante n’a pas de cœurs sur les feuilles.spigelia
Une autre plante avec les quatre feuilles en croix est décrite par Miller dans son Dictionnaire des jardiniers[7] de la manière suivante : «  Barboutine …croît …dans presque toutes les Isles de l’Amérique. Cette plante, qui est annuelle, a une racine fibreuse, de laquelle sort une tige forte, érigée, …garnie de quatre feuilles ovoïdes, à pointe aiguë, et placées en forme de croix; …du milieu de celles-ci s’élèvent des épis courts de fleursrangées sur un côté de la tige… ».

N’est-ce pas là une description parfaite de la plante de f15v ?
Il s’agit de Spigelia anthelmia : « …Cette plante est regardée comme le meilleur de tous les remèdes connus pour détruire les vers intestinaux. Les habitants du Brésil en font usage depuis long-tems, …Ce remède a eu un grand succès dans ces contrées, où on lui a donné le nom de Poudre aux Vers… »
Spigelia anthelmia L. a été décrite pour la première fois en 1648, par Marcgrave dans « Historia Naturalis Brasiliae »[8] sous le nom d’arapabaca. Elle a été appelée ensuite Anthelmenthia, Canala Pohi, Coelostylis, Phaedrosanthes, Heinzelmania, Montira, Pennacanala[9], Heliotropium brazilicum[10].

Pour confirmer il nous reste à déchiffrer le texte.


[4] Ortus sanitatis. Moguntina civitate, Jacobus Meydenbach, 1491 – Smithsonian Libraries/Rennaissance Herbals
[5] Fischer H. – Mittelalterliche Pflanzenkunde – Georg Olms Verlag, 2001
[7] Miller Ph., Laurent De Chazelles – Dictionnaire des jardiniers et des cultivateurs, Volume 7 – Bruxelles, 1788
[8] Piso W., Marcgrave G. – Historia Naturalis Brasiliae, 1648
[9] Lexicon generum phanerogamarum inde ab anno MDCCXXXVII (1737), cum nomenclatura legitima internationali et systemate inter recentia medio , auctore Tom von Post. Opus revisum et auctum ab Otto Kuntze, 1904
[10] Curtis’s Botanical Magazine, 1823

3 Commentaires

Classé dans Plantes Voynich

Les mots slaves dans le manuscrit ?

En feuilletant le manuscrit je me suis aperçue que plusieurs mots peuvent être lus en langues slaves.
Mon premier pas est la page f116v (folio 116 verso), qui est la dernière page du manuscrit. Le texte de cette page était souvent considéré comme la clé de l’énigme et plusieurs transcriptions et traductions ont été proposées. En général, les deux premiers mots de la première ligne ont été lus comme « michiton oladabas ».
olabavatA mon avis, le second mot est clairement écrit en caractères cyrilliques et doit se lire « olabavat ».
En langues slaves, notamment en macédonien et serbo-croate[1] « Lаbаv » veut dire lâche, libre, faible, molle, flasque, fragile et le verbe « o(b)labiti, olabavi(ti) »  signifie épuiser, (s’)affaiblir, desserrer, relâcher.

objasnjatalL’exemple suivant se trouve sur la page 88r. Cette page contient trois bandes de dessins des plantes, suivies chacune par un paragraphe de texte. Le troisième paragraphe a un titre : Objasnjatalexplication, du verbe objasniti, oujasniti-expliquer, clarifier[2] [3].
Le troisième exemple provient de la page 99r.

vusata

Voynich           slave          français          latin
Volsaty         вол(о)сатый          chevelu           villosum
Vousaty       (в)усатый              moustachu      barbatus

Deux exemples de la partie « anatomique » :
ovarotokolara

ovarot – les ovaires;  laza – passage;  lara – ? oroza – ? oko – œil
Les lettres k et l sont très différentes, par contre r et z sont-ils vraiment différents ? Peut être que c’est une même lettre ?

Lire la suite

5 Commentaires

Classé dans Alphabet Voynich

Thériaque

onestaLe dessin du 99v, à côté du pot « thériaque » représente cinq « racines ».
Bien que la thériaque classique contenait un grand nombre de composants[1], la thériaque dite « Diatessaron » ne contenait que quatre ingrédients (τεσσάρων veux dire (de) quatre en grec) : racines de gentiane et d’aristoloche, baies de laurier et myrrhe. Les constituants étaient utilisaient en électuaire, en mélange avec du miel.
Toutefois certaines recettes contenaient plus de quatre drogues. Les plantes qui pouvaient être ajoutées : le diptame de Crète, fenugrec, nigelle, zédoaire, semence de rue et lierre, germandrée (voir Flahaut). En France, l’extrait de genièvre était parfois ajouté au miel. Cet extrait était aussi utilisé seul sous les noms «thériaque des paysans», «thériaque des gens de la campagne » ou encore de «thériaque des allemands ou des paysans»[2].
Donc nous avons le choix entre : Aristoloche, Gentiane, Laurier et myrrhe.
Et en plus : diptame de Crète, fenugrec, genièvre, germandrée, lierre, nigelle, rue et zédoaire.
La première racine a la forme d’un verre à vin, l’inscription peut se lire « onesta » – honesta – honorable, honnête, en latin. Est-ce que l’auteur a fait une parallèle entre « honnête » et « gentil » ?
Je propose, par conséquent, que cette racine présente la gentiane, qui est utilisée, en France notamment, comme une boisson alcoolisée.

Lire la suite

7 Commentaires

Classé dans Alphabet Voynich, Plantes Voynich

Pots de pharmacie

oparak theriaque

La section « pharmacie » présente plusieurs dessins des pots de différentes formes, dont certains ont des inscriptions.

L’inscription du pot à gauche, de folio 99r, peut se lire  oparak – mot slave du verbe opariti – ébouillanter = décoction ou infusion ? [1]

Le pot à droite, de folio 99v, porte une inscription thorouaka , qui peut signifier « thériaque ».

La thériaque est un contrepoison célèbre [2]et les cinq « racines » présentées à côté peuvent donner sa composition.

corozophytelephas 99

phytelephas miroirLe quatrième pot de pharmacie de la page 99v est accompagné à sa droite par le dessin d’une plante à la tête d’éléphant. L‘inscription sur le pot peut se lire « orakas », qui peut être une anagramme « korozo » – « corozo » – l’ivoire végétal, le fruit de palmier Phytelephas[3], (voir l’image[4] à droite).

Ce palmier a été décrit, pour la première fois, par Ruiz et Pavon en 1798[5].

5 Commentaires

Classé dans Alphabet Voynich, Plantes Voynich

Pourquoi le manuscrit n’est toujours pas déchiffré ?

grec_FaulmanBien que certains chercheurs affirment que le manuscrit est écrit à l’aide d’un alphabet inconnu[1], il est clair que son alphabet est basé sur le grec minuscule[2]. A gauche l’exemple du livre de Faulman[3].

Pourquoi donc le manuscrit n’est toujours pas déchiffré ?
Les tentatives de déchiffrement qui se basaient sur l’étude de la fréquence des lettres n’ont pas encore aboutis, parce que, selon moi, le texte contient un nombre inconnu d’abréviations. En outre le texte peut être écrit en plusieurs langues (voir l’extrait d’une page en grec et en latin[4]).exemple grec-latin
Si la section botanique est une traduction de Dioscoride, les noms des plantes en grec et/ou en latin ne peuvent pas manquer.
Lire la suite

16 Commentaires

Classé dans Alphabet Voynich