Archives mensuelles : décembre 2013

Le rébus des outils

outils
En essayant de transcrire le paragraphe 2 de la première page en grec, en feuilletant les dicos, je suis tombée sur le mot Κορος qui m’a fait rappeler le dessin des outils agraires de la page 99v (voir mon post Des outils). Ce mot a plusieurs significations, dont l’une est « le balais ». Il peut signifier aussi : 1. Satiété, dégout ; dédain, orgueil, insolence ; 2. jeune garçon ; fils 3. Ordures, décharge ; 4. Mesure de volume des corps solides (p.ex. dans la Bible : Luc 16 :7).
Est –ce que tout ce dessin n’est qu’un rébus ?
Le dernier instrument, par exemple, qui me fait penser à un plantoir, peut être le mot φυτεία – plantation, mais aussi la naissance, la doctrine du Nouveau Testament[1],  φυτεύω – au figuré – inculquer la doctrine, en russe « привить учение » (littéralement greffer).

L’outil N°5 est un râteau. En grec le râteau peut être traduit comme ἄγρειφνα, ἁρπάγη et, surtout, κτείς. Je dis surtout, parce que le mot κτείς est un excellent candidat pour un rébus. Selon le Greek–English Lexicon  il peut avoir plusieurs significations :

  1. peigne (pour les cheveux)
  2. peigne (pour le tissage)
  3. carde
  4. râteau
  5. plectre (de lyre), au pl. Constellation de Lyre
  6. peigne de mer, pétoncle, coquille Saint-Jacques
  7. pubis (poils sur le)
  8. veines (de bois)
  9. disposition en forme de peigne (côtes, doigts entrecroisés, rangée de dents, danseurs qui se croisent etc.)
  10.  caroncule lacrymale
  11.  bandage

L’outil N°6 est une fourche, вилы (pluriel) en russe. Le mot grec κρεάγρα, traduit comme fourchette, se rencontre plusieurs fois dans la Septante. Ce mot n’a pas d’autres significations, pour servir au rébus. Par contre en vieux slovène, je viens de l’apprendre, le mot вила signifie pas seulement  la fourchette mais aussi la nymphe (νύμφη ou σειρήναι [2]).

Les nymphes qui remplissent les pages du manuscrit de Voynich ?

L’outil N°7 est probablement un araire. En grec l’araire ou sa parente la charrue peut être traduite comme άροτρον, du verbe αρόω[3] – labourer cultiver, ensemencer, semer ; au figuré féconder, d’où, au passé, être engendré. Le mot άροτρον a été utilisé par Nonnos comme une métaphore pour les organes de génération[4].
άροτρα – la terre, le pays.  άροτριόω – labourer

L’outil N°4 – pinceau. En grec peut se dire γραφις ou γραφειον –  stylet pour écrire sur les tablettes de cire; outil de gravure, pinceau. Mais aussi broderie, peinture ; registre, frais de copie, taxe sur les outils d’écriture.
Le mot αλειπτηριον – le lieu dans des gymnases ou des thermes romains où l’on enduisait le corps d’huile, l’onguent, est traduit aussi comme le pinceau. Alors que αλειπτης – celui qui frottait d’huile, est traduit au figuré comme maitre, instituteur.
Le mot αλειφω – (Strong G218) – oindre avec l’huile est synonyme de χριω (G5548) – oindre (dans un rituel sacré), d’où Χριστος le Messie, l’oint.

L’outil N°1 peut être un plumeau ou un goupillon.
Le plumeau en grec est καλλυντρον, qui peut être traduit aussi comme décoration, embellissement, du verbe καλλυνω – orner, parer, embellir, mais aussi se glorifier.
Le goupillon – « tige garnie de touffes de poil, dont on se sert pour asperger d’eau bénite », aspergeoir, кропило en russe. En grec ραινω,  – asperger, arroser; ραντιζω – asperger, purifier, mais aussi ραντιζει – σκώπτει du verbe plaisanter, se moquer.

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Théo le moine

Paragraphe 2 de la page 1r toujours.
Theo chernec
Une autre possibilité de lire les mots qui suivent « 8αω ». C’est, d’ailleurs, la première idée qui me vient à l’esprit quand je regarde le texte, c’est le mot « чернец »- čьrnьcь. Ce mot vient du mot « noir » et peut avoir plusieurs significations[1] : – Melampyrum рrаtеnsе L. en macédonien, une personne à la peau noire, le champignon noir sur les céréales ou les fabacées, mais surtout le moine, parce que les moines portaient les vêtements noirs.
Le mot s’écrivait avec quelques variantes : чръньць[2], чьрньць, чрьньць, чернець, черенець[3].
Si le mot « 8αω » est vraiment le nom d’une personne, peut être que le mot « moine » serait plus en harmonie avec le texte, vu que le même nom figure dans la signature.

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Θεο ειαρινος

Paragraphe 2 de la page 1r.
eiarinos
Peut-on lire les « mots » qui suivent le mot « 8αω » sur la seconde ligne du paragraphe comme « ειαρινος » ?
Serait-ce « Θεο ειαρινος » – « Théo de printemps » ?

En vieux slovène le mot « ειαρινος » se traduit comme « вешний » – « весенний ». Ce mot est conservé en russe dans les noms de certaines fêtes de l’église, comme par exemple :
Никола вешнийSaint Nicolas (de printemps, car fêté deux fois dans l’année, au printemps et en hiver),
Егорий вешнийsaint Georges,
Никита вешний  – Nicétas le Confesseur .

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