Archives de Tag: pharmacy

Makara

plant elephant 99vThe elephant-plant on page 99v has been widely debated on the Voynich ninja forum.
I proposed five years ago to read the label of the plant as an anagram.
In five years I have changed my method, I will try to read the label differently. In EVA the label reads « Koleearol ». Currently I distinguish « K » EVA with the high horizontal bar, which I read as « m » and the one with the lower bar, which I read as « n ». I read « ol » most of the time as « a ».
MakaraWith my new method I read the label as « Makara », it seemed to me as obvious by looking at the enlarged image of Koen. It is true that « ee » will be read as « k » perhaps for the first time and both « l » in « ol » are also different.
Makara is a mythical animal in Hinduism with the elephant’s head and the tail of the fish that serves as a mount for the goddess Ganga and the sea god Varuna. Our plant has the head of an elephant and the blue roots – equivalent of the tail of the fish.
The question is rather how to link makara to health recipes. Makara has already been mentioned in VM discussions, but only about the astrological page of November.
Fortunately for me the answer was not very far, the makara is quoted in the Charaka Samhita, a medical treatise considered as one of the founding texts of Ayurveda. This treaty quotes 177 medicines of animal origin, including makara, difficult to understand if it is the fabulous animal or just the crocodile.
With the two images of the « Indian dancers » of 89v2 the image of the plant-elephant-makara goads us towards the medical treatises of India.

Makara

Le sujet de la plante-éléphant de la page 99v a été largement débattu sur le forum Voynich ninja. J’ai proposé il y a cinq ans de lire l’étiquette de la plante comme une anagramme. En cinq ans j’ai changé ma méthode, je vais essayer de lire l’étiquette autrement.
En EVA l’étiquette se lit « Koleearol ». Actuellement je distingue « K » EVA avec la barre horizontale haute, que je lis comme « m » et celle avec la barre plus basse, que je lis comme «n». Je lis «ol» la plus part de temps  comme «a». MakaraAvec ma nouvelle méthode je lis l’étiquette comme «Makara», ça m’a paru comme une évidence en regardant l’image agrandie de Koen.
Il est vrai que «ee» sera lu comme «k» peut-être pour la première fois et les deux «l» dans «ol» sont aussi différents.
Makara est un animal mythique dans l’hindouisme avec la tête d’éléphant et la queue du poisson qui sert de monture à la déesse du Gange Ganga et au dieu des océans Varuna.  Notre plante a la tête d’un éléphant et les racines bleues – équivalent de la queue du poisson.
La question qui se pose est plutôt comment lier le makara aux recettes de santé. Makara a déjà été citée dans les discussions sur le VM, mais seulement à propos de la page astrologique du mois de novembre.
Heureusement pour moi la réponse n’était pas très loin, le makara est cité dans la Charaka Samhita, un traité médical considéré comme un des textes fondateurs de l’Ayurveda. Ce traité cite 177 médicaments d’origine animale, dont le makara, difficile à comprendre s’il s’agit de l’animal fabuleux ou juste du crocodile.

Avec les deux images des « danseurs indiens » de 89v2 l’image de la plante-éléphant-makara nous aiguillonne vers les traités médicaux de l’Inde.

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Mummy of pharaoh

The labels of two mummies on page 89r2 are read in EVA Otoldy okol shol.dy opcharoiin.

These words may be not form a sentence: the first is placed next to the pharmacy pot, the next two above the black mummy and the last above the white mummy.

We can read them as « Οβα89 ονα σκα89 οfαρoun ».
The first word can have several meanings:
• αβαθης- without depth, in single rank, in geometry without depth, ἐπιφάνεια – surface, skin
• αβατος – where one can not walk: inaccessible, impassable, sacred, inviolable; sanctuary, which prevents from walking – the gout. Αβατοω – make desert.
• αβατας = ηβητης – in the strength of youth, adolescent.
• Αβατης – wine of Aba in Cilicia
The second word is ονα for οννα = ωνη – purchase, price of a purchase.
The third is σκα89:
• Σκατος – gen. of σκῶρ – excrement, slag.
• Σχάδων – honeycomb

It is not easy to gather all this:
1. The gout – buy remains of Pharaoh
2. The skin bought from the remains of Pharaoh
3. Sanctuary purchase of the remains of Pharaoh.

I translate excrement as remains, the Latin word mumia, from the Arabic mumiya, only appears in the sixteenth century.
Can the mummy be compared to the honeycomb? The mummy exudes a liquid as the honeycomb makes the honey flow?

Momie du pharaon

Les étiquettes de deux momies de la page 89r2 se lisent en EVA Otoldy okol shol.dy opcharoiin.

Ces mots ne forment peut-être pas une phrase : le premier est placé à côté du pot de pharmacie, les deux suivants au-dessus de la momie noire et le dernier au-dessus de la momie blanche.

Nous pouvons les lire comme « Οβα89 ονα σκα89 οfαρoun ».

Le premier mot peut avoir plusieurs significations :

  • αβαθης- sans profondeur, en simple rang, en géométrie sans profondeur, ἐπιφάνεια – surface, peau
  • αβατος – où l’on ne peut marcher : inaccessible, infranchissable, sacré, inviolable ; sanctuaire, qui empêche de marcher – la goutte. Αβατοω – rendre desert.
  • αβατας = ηβητης –dans la force de la jeunesse, adolescent.
  • Αβατης – vin d’Aba en Cilicie

Le deuxième mot est ονα pour οννα= ωνη – achat, prix d’un achat.

Le troisième est σκα89 :

  • Σκατος – gen. of σκῶρ – excréments, fiente, scories.
  • Σχάδων – rayon de miel

Il n’est pas facile de réunir tout ça :

  1. La goutte – acheter des restes du pharaon
  2. La peau achetée des restes du pharaon
  3. Sanctuaire achat des restes du pharaon.

Je traduis des excréments comme des restes, le mot latin mumia, provenant de l’arabe mumiya, n’apparait qu’au XVI siècle.

Est-ce que la momie peut être comparée au rayon de miel ? La momie exsude un liquide comme le rayon fait couler le miel ?

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Sang dragon du Pérou

sang dragonLa page 25v contient un seul paragraphe de texte et le dessin d’une plante avec un drôle d’animal à côté.
La plante a une couronne de longues feuilles droites en bouquet, un renflement sur le tronc et des racines rouges.
Le petit animal semble manger le bout de la feuille.

J’ai trouvé sur l’internet quatre propositions de signification de ce dessin :

  1. D.Scott[1] l’identifie comme Dracaena, peut être Dracaena massangeana (originaire d’Afrique ?) ;
  2. E.Sherwood[2] propose Isatis tinctoria, une plante européenne utilisée autrefois à grande échelle pour la production de la teinture bleue ;
  3. D.Odonovan[3] pense que le dessin représente deux grandes arbres « Sang de Dragon » : Dracaena Cinabaris (socotrana ), originaire de l’archipel de Socotra dans l’Océan Indien et Dracaena draco, originaire des Canaries.
  4. N.Pelling[4] suppose que l’image du dragon fait l’allusion non pas à une plante mais plutôt à un livre secret dans le style de livres de Taccola.

L’animal présenté fait penser à un dragon, ce qui ne donne pas de solution immédiate à ce rébus.

  1. Premièrement « dragon » occupe une place importante dans le vocabulaire alchimique.
  2. Dans le cas de la botanique le mot « dragon » – draconis, fais partie des noms de nombreuses plantes.
  3. En pharmacie un dragon peut signifier le « sang dragon », qui, à son tour a plusieurs explications :
  • C’est le nom de plusieurs plantes européennes
  • C’est une résine importée en Europe, obtenue à partir d’une plante souvent inconnue.

sang dragon PerouPeut-on trouver une ressemblance avec l’image du fruit du sang-dragon du Pérou, provenant du livre de N. Monardes[5] sur des plantes médicinales issues du Nouveau Monde ? (voir le détail de l’image à droite).

pitaya

Ou bien le petit dragon ne mange pas la feuille mais, plutôt, est accroché à la feuille ? Il représente peut être le pitaya[6], le fruit de dragon, le fruit d’un cactus épiphyte du Pérou ?[7] Ce fruit était mentionné pour la première fois en 1553 par Pedro Cieza de Léon dans ses Chroniques du Pérou[8].

Examinons le texte : page_25v Un mot de la troisième ligne lu à l’envers nous donne « roebish » – rubish ? – de (couleur) rubis ?

Le texte contient onze fois le mot « 8am » (ou « daiin), alors qu’il est présent une seule fois sur la page de l’ananas et deux fois dans le paragraphe de corozo.

Est-ce que ce mot sépare les synonymes ?

Le Dictionnaire de Mérat[9] cite huit plantes produisant la substance vendue autrefois en pharmacie sous le nom de « sang-dragon » :

« Sang-dragon, sanguis draconis. Substance résineuse, un peu balsamique, de couleur rougeâtre, qu’on obtient de plusieurs végétaux… :

  1. Pterocarpus Draco L. – arbre de la famille des légumineuses, originaire des Indes Orientales
  2. Dracaena Draco L. – arbre de la famille des Asparaginés, originaire des Canaries
  3. Calamus Draco W. – le palmier, dont la résine est un véritable sang de dragon. La résine est extraite des fruits.
  4. Yucca Draconis, L. – de la famille des Liliacées, ressemble au Dracaena Draco, orginaire de l’Amérique
  5. Dalbergia monetaria L. – arbre de la famille des Légumineuse, originaire de Surinam
  6. Pergularia sanguinolenta, Lindley – Apocynée, originaire de Sierra-Leone
  7. Croton sanguifluum et C. Hibiscifolium, Kunth – de la famille des Euphorbiacées, originaires du Pérou
  8. Houmiri balsamifera – arbre de la Guiane, de famille indéterminée »

En latin[10] « tam » signifie « tant, autant, si, tellement, à ce degré, à ce point »

A suivre…

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Ananas du Brésil

ananas
La page 11v a un seul paragraphe de texte et le dessin d’une plante.
Je n’ai trouvé qu’une seule identification de la plante, par E.Sherwood, qui voit en elle Curcuma longa [1], une plante asiatique connue en Europe depuis l’Antiquité et décrite par Dioscoride dans ses Materia Medica[2].
Selon moi, la plante ressemble plutôt à un ananas, une plante du Nouveau Monde, découverte par les conquistadors au Pérou et au Brésil.
Les images de l’ananas proviennent, de gauche à droite, des livres d’Oviedo[3], de Thevet[4], d’Acosta[5] et de Hernandez[6].
Pour plus d’illustrations : www.plantillustrations.org
Voici les noms de l’ananas que j’ai pu trouver sur l’internet :
abacaxi [abaka’ʃi], achupalla, achupaya, amanat(z), ananas(a), boniana, bromelia, hoyriri, iaiagua, iaiama, iayama, matzatli, nana, nanon, nuce pinea indica, piña(s), pineapple, pinhas, pinnas, pinya.
Pourrai-je trouver un mot dans le texte qui donnerait le nom de l’ananas ?

page_11v

Les remarques qui suivent se basent sur ma proposition actuelle de l’alphabet (qui peut, évidement évoluer) :

  •  Il n’y a pas de lettre « b » dans le texte – abacaxi, boniana, bromelia
  • Il n’y a pas de mot avec deux « n » – ananas(a), nana, nanon
  • Pas de mot avec « p » et « n » – nuce pinea indica, piña(s), pineapple, pinhas, pinya
  • Pas de mot avec deux « r » – hoyriri

Il reste : achupalla, achupaya, amanat(z), iaiagua, iaiama, iayama, matzatli.

aiamaEst-ce que ce mot peut être le nom de la plante ?

Sauf que ce mot n’est pas unique dans le manuscrit : en dehors de cette page il se trouve sur 2r, 9r, 47v, 69r.

A suivre…

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Corozo du Pérou

slon

Le dernier paragraphe de 99v a le dessin d’un pot de pharmacie à gauche et le dessin d’une plante à la tête d’éléphant à droite. Le pot et la plante sont accompagnés d’étiquettes.
phytelephas miroirL‘inscription sur le pot peut se lire « orakas », qui peut être une anagramme « korozo » – « corozo » – l’ivoire végétal, le fruit de palmier péruvien Phytelephas[1], (voir l’image[2] à droite). Ce palmier a été décrit, pour la première fois, par Ruiz et Pavon en 1798[3].
L’étiquette à la droite du dessin de l’éléphant peut se lire « nolccarol ». Nous pouvons séparer ce mot en trois parties et en lisant ces parties à l’envers obtenir « slon raslo » – « слон расло ».
Le mot « slon » ne pose aucun problème, il signifie « éléphant ».
Le mot « raslo » peut être rapproché du mot « расль » – росток, отпрыск[4] – pousse, rejet.
Ou bien du mot « raslina »– plante en serbe, « roślina » – même chose  en polonais et ukrainien.
Donc cette étiquette veut dire « la pousse d’éléphant » ou bien « la plante éléphant ».

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Thériaque

onestaLe dessin du 99v, à côté du pot « thériaque » représente cinq « racines ».
Bien que la thériaque classique contenait un grand nombre de composants[1], la thériaque dite « Diatessaron » ne contenait que quatre ingrédients (τεσσάρων veux dire (de) quatre en grec) : racines de gentiane et d’aristoloche, baies de laurier et myrrhe. Les constituants étaient utilisaient en électuaire, en mélange avec du miel.
Toutefois certaines recettes contenaient plus de quatre drogues. Les plantes qui pouvaient être ajoutées : le diptame de Crète, fenugrec, nigelle, zédoaire, semence de rue et lierre, germandrée (voir Flahaut). En France, l’extrait de genièvre était parfois ajouté au miel. Cet extrait était aussi utilisé seul sous les noms «thériaque des paysans», «thériaque des gens de la campagne » ou encore de «thériaque des allemands ou des paysans»[2].
Donc nous avons le choix entre : Aristoloche, Gentiane, Laurier et myrrhe.
Et en plus : diptame de Crète, fenugrec, genièvre, germandrée, lierre, nigelle, rue et zédoaire.
La première racine a la forme d’un verre à vin, l’inscription peut se lire « onesta » – honesta – honorable, honnête, en latin. Est-ce que l’auteur a fait une parallèle entre « honnête » et « gentil » ?
Je propose, par conséquent, que cette racine présente la gentiane, qui est utilisée, en France notamment, comme une boisson alcoolisée.

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Pots de pharmacie

oparak theriaque

La section « pharmacie » présente plusieurs dessins des pots de différentes formes, dont certains ont des inscriptions.

L’inscription du pot à gauche, de folio 99r, peut se lire  oparak – mot slave du verbe opariti – ébouillanter = décoction ou infusion ? [1]

Le pot à droite, de folio 99v, porte une inscription thorouaka , qui peut signifier « thériaque ».

La thériaque est un contrepoison célèbre [2]et les cinq « racines » présentées à côté peuvent donner sa composition.

corozophytelephas 99

phytelephas miroirLe quatrième pot de pharmacie de la page 99v est accompagné à sa droite par le dessin d’une plante à la tête d’éléphant. L‘inscription sur le pot peut se lire « orakas », qui peut être une anagramme « korozo » – « corozo » – l’ivoire végétal, le fruit de palmier Phytelephas[3], (voir l’image[4] à droite).

Ce palmier a été décrit, pour la première fois, par Ruiz et Pavon en 1798[5].

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